Note d’intention

« Il y a deux périodes, celle où l’on s’habille soigneusement, et alors la vie consiste à s’habiller presque tout le temps, c’est avant qu’on soit marié, et on guette, le samedi soir, la venue du bouton qu’on aura sur le nez le dimanche, et ensuite on n’est plus tranquille, c’est-à-dire qu’on commence à avoir des malheurs parce qu’on a cessé de ne penser qu’à soi. »

Voici ce que Boris Vian écrivit dans les notes préparatoires de son roman. En effet, « l’écume des jours », c’est avant tout le passage de l’enfance à l’âge adulte ou comment une société immorale et pécuniaire peut réduire à néant des individus plongés dans un bonheur insouciant. Ce sera donc le fil rouge de notre adaptation.

L'entretienPour mieux mettre en valeur cette critique de la société hautement provocatrice, Vian nous emmène dans un univers totalement loufoque et décalé, mais surtout poétique. Dès la première scène, le ton est donné et le spectateur est directement confronté au jeu des inversions et des jeux de mots subtils. Et même si cette forme comique ne perdra pas de sa puissance jusqu’à la fin de la pièce, le fond du propos sera de plus en plus oppressant et transformera les rires enjoués en rires jaunes. Nous avons tenu absolument à respecter l’univers jazzy de la nouvelle Orléans si cher à Boris Vian.

Un soin tout particulier est donné à la musique. Tout d’abord la bande son reprenant en parti les chansons citées dans le livre puis d’autres classiques des années 40-50, de véritables chorégraphies endiablées de Charleston font leurs apparitions, la présence du pianocktail, invention emblématique du roman, permet des moments musicaux véritablement saisissant tout comme le gospel qui nous rappel les mariages afro-américains.

Enfin, pour sublimer le tout, les murs sont recouverts de pochettes de vinyle de jazz pour insister sur l’omniprésence de cette musique. Les costumes aussi sont empreints de cette période.

Tout d’abord très colorés pour amener un effet sucré

et éclatant, ils deviendront ternes avec l’avancé
tragique de l’histoire. Les lumières également suivent cette évolution, passant d’une chaleur bienveillante à une froideur inhumaine, ou d’un bleu d’une inconscience idyllique à un rouge passionnel mais violent…

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